Peinture & création

Se respecter au commencement

La première règle que je ne transgresse plus

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Une toile blanche avant le premier geste

Avant de commencer

Avant de poser le premier coup de pinceau, je m'arrête. Je ne regarde pas la toile : je regarde où j'en suis, moi, à cet instant précis.

C'est devenu, avec le temps, la seule règle que je ne transgresse plus : respecter mon état intérieur au moment où je commence à peindre.

Quand je n'écoutais pas

Il m'est arrivé, plus d'une fois, de m'installer devant une toile avec un objectif en tête : avancer, finir, travailler un geste technique que je voulais progresser. Peu importait ce que je ressentais ce jour-là — j'avais décidé, alors j'y allais.

Ces séances-là se terminaient presque toujours de la même façon : par de la frustration. Pas parce que la toile était mauvaise. Mais parce que je m'étais imposé quelque chose que mon état du moment ne voulait pas faire. J'avais peint contre moi, pas avec moi.

« Le tableau qui en sort est toujours le reflet honnête de l'état que j'ai accepté — ou refusé — de regarder avant de commencer. »

Le vrai point de départ

Aujourd'hui, je sais que tout commence là : pas devant la toile, mais en moi. Si je suis agitée, je ne peux pas peindre quelque chose de doux. Si je suis fatiguée, inutile de viser la précision.

Ce n'est pas un rituel figé, ni une formule. C'est un temps d'arrêt, une question que je me pose chaque fois : où j'en suis, là, maintenant ? C'est seulement à partir de cette réponse que je sais ce que je peux peindre ce jour-là, et ce que je dois laisser pour une autre fois.

Ce que ça change

Depuis que je me respecte au commencement, je peins moins « pour finir » et davantage « pour traverser ». Le résultat n'est plus la preuve que la séance a réussi : ce qui compte, c'est d'avoir été honnête avec ce que je portais en arrivant devant la toile.

C'est exactement ce que je retrouve dans les soins que je propose. Avant de transformer quoi que ce soit — une émotion, une fatigue, un blocage — il faut d'abord accepter de la nommer, de la sentir, de s'y arrêter. Peindre et se soigner partent du même geste.

Si cette idée vous parle — apprendre à vous arrêter avant d'avancer — c'est exactement ce que nous travaillons dans l'art de se retrouver ou lors d'un stage création et relaxation. 🤍